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Épargne & taux

Précompte mobilier néobanque : que devez-vous déclarer ?

Précompte mobilier et néobanque en Belgique : qui retient les 30 % à la source, quels codes remplir, et ce qu'il reste vraiment de vos intérêts.

ParMaxime10 min de lecture

Un taux affiché à 3 %, c'est du brut. En Belgique, les intérêts d'une néobanque partent à 30 % au fisc dès le premier euro, sans l'exonération réservée aux livrets belges. Reste à savoir qui paie cet impôt : la néobanque, ou vous. Les deux cas existent, et la confusion coûte cher chaque printemps.

Faut-il déclarer les intérêts de sa néobanque en Belgique ?

Tout dépend de la néobanque. Si elle retient les 30 % à la source, l'impôt est déjà payé et vous n'avez rien à reporter : c'est le cas de Revolut sur son compte d'épargne belge. Si elle ne retient rien — Trade Republic, N26, bunq — les intérêts sont à déclarer vous-même au cadre VII de votre déclaration.

C'est la question que je vois revenir le plus souvent, et la réponse « ça dépend » énerve tout le monde. Elle est pourtant la seule juste. Beaucoup de gens partent du principe que leur banque s'occupe de tout, parce que c'est vrai chez KBC ou chez Belfius. Un ami m'a soutenu l'an dernier que son compte Trade Republic était « comme un livret, c'est prélevé automatiquement ». Il ne l'était pas. Il a déclaré deux ans d'intérêts d'un coup.

Qu'est-ce que le précompte mobilier sur un compte de néobanque ?

Le précompte mobilier est l'impôt belge sur les revenus de l'épargne et des placements. Sur les comptes des néobanques, il est de 30 % dès le premier euro d'intérêts. Ces comptes ne sont pas des comptes d'épargne réglementés au sens belge : ni exonération, ni taux réduit.

La distinction est toute la clé du sujet. Un livret réglementé belge coche des critères précis fixés par le législateur : taux de base plus prime de fidélité, conditions de retrait encadrées. En échange, ses premiers 1 020 € d'intérêts par personne et par an sont exonérés d'impôt, et le surplus n'est taxé qu'à 15 %. Ce plafond est gelé à 1 020 € jusqu'aux revenus 2030 par la loi-programme de 2025.

Les comptes d'épargne des néobanques, eux, versent un taux unique sans prime de fidélité. Techniquement, ils tombent dans la catégorie fourre-tout des autres revenus mobiliers : 30 %, comme un compte à terme ou un dividende. Concrètement, pour un usage courant : un taux de 3 % chez une néobanque ne bat un livret belge à 1,5 % qu'après avoir absorbé cet écart de fiscalité.

Quelles néobanques retiennent le précompte à la source ?

Une seule des quatre grandes le fait aujourd'hui sur son épargne : Revolut. Depuis le lancement de son compte d'épargne à intérêts quotidiens en août 2025, elle passe par sa succursale belge et déduit les 30 % avant de créditer votre compte. Trade Republic, N26 et bunq versent du brut : à vous de déclarer.

Le mécanisme n'a rien de magique. Un établissement qui dispose d'une présence belge peut jouer le rôle de redevable du précompte et le reverser au fisc pour vous. Revolut a fait ce choix au moment de sortir son compte d'épargne ici, ce qui en fait, sur ce point précis, la plus simple des quatre. Les autres opèrent depuis l'Allemagne ou les Pays-Bas sans ce relais : elles n'ont aucune obligation de retenir l'impôt belge, et elles ne le font pas.

Voici la situation à l'été 2026. Les statuts évoluent — Revolut a changé le sien en cours de route — donc vérifiez toujours votre relevé annuel avant de remplir quoi que ce soit.

NéobanquePrécompte retenu à la sourceIntérêts à déclarerIBANCompte à signaler au PCC
Revolut (compte d'épargne)Oui, 30 %NonBelge (BE) depuis mai 2025Non si l'IBAN est belge
Trade RepublicNonOui, codes 1444-11 / 2444-78Allemand (DE)Oui
N26NonOui, codes 1444-11 / 2444-78Allemand (DE)Oui
bunqNonOui, codes 1444-11 / 2444-78Néerlandais (NL)Oui
Pièces de monnaie empilées et graphique de croissance de l'épargne sur fond sombre
Le taux affiché est toujours brut : entre deux néobanques au même taux, c'est le traitement fiscal qui fait l'écart.

Comment déclarer les intérêts d'une néobanque étrangère ?

Vous reportez le montant brut des intérêts perçus sur l'année au cadre VII, rubrique A.2 « Revenus dont la déclaration est obligatoire », ligne « Autres revenus sans précompte mobilier ». Les codes sont 1444-11 pour le déclarant et 2444-78 pour le conjoint ou le cohabitant légal. Le fisc calcule ensuite les 30 %.

Le chiffre à reporter se trouve dans le relevé fiscal annuel de l'application. Trade Republic, N26 et bunq mettent un document à disposition en début d'année, à télécharger dans les paramètres du compte. C'est le total des intérêts crédités sur l'année civile, pas le solde du compte, ni la plus-value d'un placement — ces derniers relèvent d'autres cases.

Un détail qui piège : si le pays d'origine a déjà prélevé une retenue à la source, vous déclarez le montant net de cette retenue étrangère, et les 30 % belges s'appliquent dessus. Pour les comptes d'épargne allemands et néerlandais des néobanques citées, il n'y a en général aucune retenue à la source, donc brut égale net à déclarer. En cas de doute sur un cas particulier, le SPF Finances tranche mieux que n'importe quel forum.

Faut-il aussi signaler le compte lui-même à la Banque nationale ?

Oui, s'il est étranger, et c'est une obligation distincte des intérêts. L'existence du compte se signale une fois au Point de contact central (PCC) de la Banque nationale de Belgique, et se coche chaque année au cadre XIII.A de la déclaration. Cette double formalité vaut même si le compte n'a rien rapporté.

Beaucoup de gens tombent dans ce trou-là. Un compte Trade Republic ou bunq ouvert « pour tester », laissé à 50 €, sans un euro d'intérêt : rien à déclarer côté revenus, mais le compte, lui, doit être signalé. La première année, j'avais oublié cette case pour un compte allemand — l'oubli se rattrape sans drame, mais il reste une obligation légale.

L'IBAN belge change la donne pour Revolut. Depuis mai 2025, ses nouveaux comptes belges reçoivent un IBAN BE : le compte n'est alors plus un compte étranger et sort de cette formalité. Les comptes ouverts avant, avec un IBAN lituanien, restent à signaler tant qu'ils n'ont pas migré. Vérifiez le préfixe de votre IBAN dans l'application plutôt que de supposer.

Épargnant consultant le rendement de son compte d'épargne sur son smartphone

Combien vous reste-t-il vraiment après le précompte ?

Multipliez le taux brut par 0,7. Un compte à 3 % brut rapporte environ 2,1 % net ; un compte à 2 % brut tombe à 1,4 % net ; un compte à 1,50 % brut finit à 1,05 % net. Aucune exonération ne vient adoucir le calcul, quel que soit le montant placé.

Sur 20 000 € posés un an à 3 % brut, cela fait 600 € d'intérêts, dont 180 € pour le fisc : il vous reste 420 €. Le même capital sur un livret réglementé belge à 1,50 % rapporte 300 € — et ces 300 € sont intégralement exonérés, puisqu'on est loin des 1 020 €. L'écart réel se réduit donc à 120 €, là où les taux bruts laissaient croire au double.

J'ai refait ce calcul pour plusieurs personnes qui s'apprêtaient à vider leur livret. La conclusion varie avec le capital, et c'est bien ça le piège : sur 5 000 €, le livret belge gagne ; sur 60 000 €, la néobanque reprend l'avantage parce que l'exonération est depuis longtemps saturée. Le comparateur met les taux côte à côte, mais faites toujours le calcul en net avant de bouger votre argent.

Quand la néobanque reste-t-elle gagnante malgré les 30 % ?

Quand l'écart de taux brut dépasse le surcoût fiscal, ou quand votre capital sature déjà l'exonération belge. Le raisonnement se fait poste par poste, pas au feeling :

Pour

  • Capital au-delà du plafond d'exonération de 1 020 € d'intérêts : la néobanque reprend l'avantage
  • Taux brut nettement supérieur au livret belge : l'écart absorbe les 30 %
  • Revolut et son compte d'épargne belge : précompte retenu à la source, zéro paperasse
  • Trésorerie à placer à côté de placements en bourse : Trade Republic garde sa logique

Contre

  • Petite épargne sous 1 020 € d'intérêts : le livret réglementé belge gagne après impôt
  • Allergie à la paperasse : Trade Republic, N26 et bunq imposent la déclaration
  • Compte étranger : PCC et cadre XIII.A en plus, même sans intérêt perçu
  • Taux brut proche du livret belge : la fiscalité annule le gain

Un point que les comparatifs de taux oublient : la paperasse a un coût, même modeste. Déclarer trois comptes étrangers chaque printemps pour gratter 40 € nets, c'est un mauvais calcul. Pour un capital sérieux, en revanche, la question ne se pose plus. J'utilise les deux, sans état d'âme : le livret belge pour le fonds d'urgence, la néobanque pour ce qui dépasse.

Que risquez-vous en cas d'oubli de déclaration ?

Un redressement assorti d'intérêts de retard, et une majoration d'impôt si le fisc estime qu'il y a mauvaise foi. Le fisc belge reçoit déjà les données de vos comptes européens via l'échange automatique d'informations (norme CRS), à laquelle plus de cent pays participent : un compte à l'étranger n'est pas discret.

C'est le point que je martèle le plus. Les néobanques ne sont pas des paradis fiscaux, ce sont des banques européennes agréées qui transmettent leurs données comme les autres. Revolut est agréée en Lituanie, N26 en Allemagne, bunq aux Pays-Bas, Trade Republic en Allemagne : toutes dans le périmètre CRS. L'agrément se vérifie auprès de la FSMA et de la Banque nationale de Belgique.

Un oubli de bonne foi n'est pas un drame. Il se régularise par une déclaration rectificative ou un courrier au bureau de taxation, et se solde en général par l'impôt dû plus les intérêts. Le vrai risque commence quand on laisse traîner plusieurs années.

En résumé

Les intérêts d'une néobanque sont taxés à 30 % dès le premier euro, sans l'exonération de 1 020 € ni le taux de 15 % des livrets réglementés belges. Revolut retient ces 30 % à la source sur son compte d'épargne belge depuis août 2025, donc rien à déclarer sur ces intérêts. Trade Republic, N26 et bunq versent du brut : cadre VII, codes 1444-11 ou 2444-78. Le compte étranger, lui, se signale au PCC de la Banque nationale et se coche au cadre XIII.A, même sans intérêt perçu. Faites toujours le calcul en net : sur un petit capital, le livret belge reste souvent devant. Pour comparer les taux poste par poste, passez par le comparateur ; si vous hésitez encore entre deux acteurs, notre face-à-face Trade Republic ou Revolut et notre guide de la meilleure néobanque pour épargner creusent la question du rendement.

Sources : SPF Finances (revenus de l'épargne et des placements, comptes à l'étranger, cadres VII et XIII de la déclaration IPP), Wikifin (taxation des intérêts, exonération des comptes d'épargne réglementés), Banque nationale de Belgique (Point de contact central), FSMA (registre des établissements agréés), Test-Achats (déclaration des comptes à l'étranger, février 2026 ; intérêts chez les courtiers étrangers, juin 2026), conditions du compte d'épargne Revolut Belgique et grilles tarifaires Trade Republic, N26 et bunq consultées en juillet 2026.

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Questions fréquentes

Cela dépend de la néobanque. Si elle retient le précompte mobilier de 30 % à la source — c'est le cas de Revolut sur son compte d'épargne belge — l'impôt est déjà payé et ces intérêts ne se déclarent pas. Si elle ne retient rien, comme Trade Republic, N26 ou bunq, vous devez déclarer vous-même les intérêts perçus au cadre VII de votre déclaration.

30 % dès le premier euro d'intérêts. Les comptes des néobanques ne sont pas des comptes d'épargne réglementés au sens belge : ils n'ouvrent droit ni à l'exonération des 1 020 € d'intérêts par personne, ni au taux réduit de 15 % au-delà. Le taux plein de 30 % s'applique donc sur la totalité des intérêts.

Les codes 1444-11 (déclarant) et 2444-78 (conjoint ou cohabitant légal), au cadre VII, rubrique A.2 « Revenus dont la déclaration est obligatoire », intitulée « Autres revenus sans précompte mobilier ». Vous y indiquez le montant brut des intérêts perçus sur l'année. Le fisc applique ensuite les 30 %.

Oui, sur son compte d'épargne belge. Depuis le lancement de son compte d'épargne à intérêts quotidiens en août 2025, Revolut passe par sa succursale belge et déduit les 30 % avant de vous verser les intérêts. Vous recevez donc du net, et ces intérêts-là ne sont pas à reporter dans votre déclaration.

Oui, si le compte est étranger. L'existence d'un compte à l'étranger se signale une fois au Point de contact central de la Banque nationale de Belgique, et se coche chaque année au cadre XIII.A de la déclaration. Cette obligation vaut même si le compte n'a rapporté aucun intérêt.

Sur un petit capital, le livret réglementé belge garde l'avantage : ses premiers 1 020 € d'intérêts par personne et par an sont exonérés, puis taxés à 15 %. La néobanque devient intéressante quand son taux brut est nettement supérieur ou quand le capital dépasse le plafond d'exonération, car l'écart de rendement compense les 30 %.

Un redressement avec les intérêts de retard, et une majoration d'impôt en cas de mauvaise foi. Le fisc belge reçoit déjà les données de vos comptes européens via l'échange automatique d'informations (norme CRS) : un compte non déclaré n'est pas invisible. Un oubli de bonne foi se régularise par une déclaration rectificative.

Maxime suit le secteur des néobanques et de la fintech belge depuis près de dix ans. Ancien conseiller en agence devenu analyste indépendant, il ouvre et teste lui-même les comptes qu’il compare, décortique les grilles tarifaires ligne par ligne et traque les frais cachés derrière les offres « gratuites ». Son objectif : aider les Belges à payer moins et choisir une banque qui colle vraiment à leur usage, sans jargon ni argument commercial.

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