Trade Republic a changé de nature en Belgique le 15 septembre. Le compte ouvert par un résident belge porte désormais un IBAN qui commence par BE, et la plateforme retient elle-même les taxes belges au lieu de vous laisser les calculer. La licence, elle, reste allemande. Pour l'ancien compte à IBAN DE, quelques démarches restent à votre charge.
Trade Republic est-elle devenue une banque belge ?
Non, elle a ouvert une succursale. La nuance compte, parce qu'elle décide de qui vous surveille et de qui vous protège.
Le registre de la FSMA, que j'ai consulté le 29 septembre 2026, liste Trade Republic Bank GmbH avec l'Allemagne comme pays d'origine, le numéro d'entreprise 1026.069.661 et une adresse au 11 rue des Colonies, à Bruxelles. Le statut « succursale en Belgique d'un établissement de crédit relevant du droit d'un autre État de l'EEE » y est daté du 7 juillet 2026. Avant cette date, la plateforme travaillait ici en libre prestation de services, depuis Berlin, et c'est ce régime qui expliquait l'IBAN allemand.
Une succursale n'est pas une filiale. Elle n'a pas de licence propre : l'agrément bancaire reste celui délivré en Allemagne, et la distinction entre banque agréée et établissement de monnaie électronique se lit toujours à Berlin. Revolut a suivi exactement le même chemin avec sa succursale belge, qui émet des IBAN BE depuis 2025 sans que la licence ait quitté la Lituanie.
IBAN allemand contre IBAN belge : le tableau avant et après le 15 septembre
Le changement tient en une colonne. J'ai ajouté Revolut à droite, parce que c'est la seule autre néobanque grand public à avoir fait la même bascule, et que la comparaison répond à la moitié des questions qu'on me pose.
| Point | Trade Republic, IBAN DE (avant) | Trade Republic, IBAN BE (depuis le 15/09) | Revolut, IBAN BE (succursale belge) |
|---|---|---|---|
| Entité qui tient le compte | Siège de Berlin | Succursale de Bruxelles | Succursale de Bruxelles |
| Licence bancaire | Allemagne | Allemagne | Lituanie |
| Précompte mobilier sur intérêts | À déclarer soi-même | Retenu à la source (30 %) | Retenu à la source (30 %) |
| Taxe sur les opérations de bourse | À déclarer et payer soi-même | Retenue par Trade Republic | Selon le compte d'investissement |
| Déclaration au Point de contact central | Obligatoire | Non | Non pour le compte courant |
| Taux sur liquidités (relevé le 29/09) | Taux BCE, 2,50 % brut | 3 % brut jusqu'à 50 000 € pour un nouveau client | Selon la formule d'abonnement |
| Bancontact sur la carte | Non | Non | Non |
| Blocage via Fraudstop | Non | Non | Non vérifié |
Sources : registre de la FSMA, Test-Achats du 15 et du 29 septembre 2026, dépêche Belga du 15 septembre 2026. Grilles consultées le 29 septembre 2026.
La ligne qui change le plus la vie d'un investisseur belge est celle de la TOB. Tant que le compte était allemand, chaque achat d'ETF déclenchait une déclaration mensuelle à rentrer au SPF Finances dans les deux mois. C'est ce poste que Test-Achats présentait comme le prix caché des frais d'ordre très bas, et c'est lui qui disparaît.
Que rapporte le taux de 3 % une fois le précompte retenu ?
Il rapporte 2,10 %, pas 3 %. Le taux annoncé est brut, et Trade Republic prélève désormais elle-même les 30 % de précompte mobilier. Ce compte courant rémunéré n'est pas un compte d'épargne réglementé au sens belge : aucune tranche d'intérêts exonérée ne s'y applique.
J'ai refait le calcul sur trois situations, avec les taux relevés le 29 septembre 2026.
| Situation | Intérêts bruts sur un an | Précompte (30 %) | Intérêts nets |
|---|---|---|---|
| Nouveau client, 20 000 € | 600 € | 180 € | 420 € |
| Nouveau client, 60 000 € (3 % sur 50 000 €, 2,50 % au-delà) | 1 750 € | 525 € | 1 225 € |
| Client existant, 20 000 € au taux BCE | 500 € | 150 € | 350 € |
À taux constants, ce qu'aucune banque ne garantit.
Au-delà de 50 000 €, le rendement net retombe à 1,75 %, et c'est aussi ce que touche un client ouvert avant la succursale, sauf s'il parraine : chaque filleul validé lui ouvre trois mois à 3 %, dans la limite de quatre. Test-Achats rapporte que Trade Republic n'annonce aucune date de fin pour l'offre des nouveaux clients, ce qui ne veut pas dire qu'elle est acquise pour toujours. La comparaison avec les autres comptes rémunérés se trouve dans notre article sur la meilleure néobanque pour épargner, et la mécanique du précompte dans celui sur le précompte mobilier en néobanque.

L'argent dort chez des banques partenaires, pas chez Trade Republic
Voilà le point le plus mal compris. Selon la page d'aide de Trade Republic consultée le 29 septembre 2026, vos liquidités sont placées sur des comptes fiduciaires ouverts auprès de banques partenaires, parmi lesquelles Citibank Europe, Crédit Agricole, Deutsche Bank, HSBC Continental Europe et J.P. Morgan. Chaque dépôt y est protégé jusqu'à 100 000 € par client, banque par banque, par le système de garantie du pays de la banque partenaire. Aucune de ces banques n'est belge : le Fonds de garantie belge n'intervient nulle part dans ce montage, pas plus qu'il n'intervient pour le compte courant de la succursale.
Pour les montants plus élevés, une partie peut être placée dans des fonds monétaires. Ces parts sont conservées à l'écart du patrimoine de Trade Republic, comme des ETF, mais elles ne sont pas des dépôts : la garantie de 100 000 € ne joue plus, et un fonds monétaire peut théoriquement perdre de la valeur. L'application affiche l'exposition exacte à chaque banque, et je vous conseille d'aller la regarder une fois.
La carte Visa bute sur Bancontact et sur Fraudstop
Visa Debit, virtuelle gratuite, physique à 5 €. Pas de Bancontact, donc les refus habituels en parking (Bancontact et les néobanques). Apple Pay et Google Pay sont annoncés. Test-Achats relève que Fraudstop, le numéro belge de blocage lancé en juin, ne couvre pas Trade Republic. En cas de vol, seuls l'application et la ligne d'urgence maison bloquent la carte.
Faut-il migrer son ancien compte à IBAN allemand ?
Oui, si vous voulez sortir des déclarations fiscales à faire vous-même, mais la bascule n'efface pas le passé. Trade Republic annonce une migration progressive et au choix de chaque client. Tant que le compte allemand reste ouvert, il reste un compte étranger, avec toutes les obligations qui vont avec.
J'ai un compte chez Trade Republic depuis 2023, ouvert avec un IBAN DE et déclaré au Point de contact central de la Banque nationale la première année. Voici la liste que je me suis faite pour la migration :
- attendre la proposition de migration dans l'application plutôt que d'ouvrir un second compte à la main ;
- noter la date exacte de clôture du compte allemand, qui servira aux deux déclarations suivantes ;
- signaler cette clôture au Point de contact central, en ligne, puisque le compte y avait été déclaré ;
- cocher encore une fois la case des comptes étrangers dans la déclaration fiscale qui couvre l'année de la clôture ;
- rentrer les dernières déclarations TOB portant sur les ordres passés depuis le compte allemand, qui restent en principe à votre charge ;
- choisir entre retenue automatique et déclaration personnelle pour la taxe sur les plus-values, avant la première vente.
Le dernier point mérite une minute de réflexion. Avec la retenue automatique, Trade Republic prélève les 10 % à chaque plus-value réalisée ; sans elle, c'est à vous de faire le compte dans votre déclaration. Les règles détaillées sont sur Wikifin, le site d'éducation financière de la FSMA.

Peut-elle remplacer votre compte courant belge ?
Pour recevoir un salaire et payer des factures, techniquement oui : l'IBAN belge met fin aux refus de domiciliation que provoquait l'IBAN allemand, un problème décrit dans notre article sur l'IBAN étranger en Belgique. Pour le reste, l'offre s'arrête vite. Test-Achats liste l'absence de carte de crédit, de prêt personnel, de crédit hypothécaire et d'assurance, et une gestion uniquement sur smartphone, sans banque en ligne sur ordinateur pour les particuliers. Un retrait sous 100 € coûte 1 €, et un versement instantané par carte bancaire coûte 1 % du montant.
Je la vois comme un compte d'épargne et d'investissement qui sait aussi payer. Pas comme la banque où l'on négocie un crédit.
En résumé
Trade Republic reste une banque allemande, mais sa succursale bruxelloise lui permet d'ouvrir des comptes à IBAN belge et de retenir elle-même les taxes belges depuis le 15 septembre 2026. Pour un nouveau client, 3 % brut deviennent 2,10 % net, sans aucune case à cocher. Pour un client ancien, la migration simplifie l'avenir mais laisse deux démarches sur l'ancien compte allemand. La carte ne règle ni la question de Bancontact ni celle de Fraudstop, et la garantie des dépôts passe par des banques partenaires étrangères. Pour la mettre face à Revolut, N26 ou bunq, notre comparateur aligne les taux et les frais, et nos duels Trade Republic ou Revolut et Trade Republic ou bunq détaillent les écarts, sachant qu'ils ont été écrits avant la succursale belge.
Cet article compare des frais et des conditions ; il ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil en placement.
Sources : registre de la FSMA, fiche Trade Republic Bank GmbH, consultée le 29 septembre 2026 ; dépêche Belga reprise par La Libre, « Trade Republic ouvre une succursale en Belgique », 15 septembre 2026 ; Test-Achats Invest, « Trade Republic devient vraiment belge », 15 septembre 2026 ; Test-Achats, « Trade Republic en Belgique : le compte bancaire vaut-il le coup ? », 29 septembre 2026 ; page d'aide Trade Republic « Où mon argent est-il conservé ? », consultée le 29 septembre 2026 ; Banque nationale de Belgique, FAQ du Point de contact central ; Wikifin (FSMA), taxes sur les investissements.
Comparateur Épargne & taux
Compare tous les épargne & taux côte à côte.
Comparer maintenant →
Questions fréquentes
Maxime suit le secteur des néobanques et de la fintech belge depuis près de dix ans. Ancien conseiller en agence devenu analyste indépendant, il ouvre et teste lui-même les comptes qu’il compare, décortique les grilles tarifaires ligne par ligne et traque les frais cachés derrière les offres « gratuites ». Son objectif : aider les Belges à payer moins et choisir une banque qui colle vraiment à leur usage, sans jargon ni argument commercial.
