Une seule néobanque encaisse vos billets en Belgique : bunq, et par un réseau tiers. Revolut, N26 et Wise n'acceptent aucun dépôt physique ici. Les points CASH, eux, vous laissent retirer mais pas déposer. Voici pourquoi ce mur existe, et ce qu'il coûte de le contourner.
Une seule néobanque encaisse vos billets en Belgique
C'est bunq. Sa page d'aide le dit sans détour : les formules Core, Pro et Elite donnent accès au réseau PaysafeCash, qui couvre la Belgique parmi vingt et un pays. Vous générez un code dans l'application, vous le présentez en caisse chez un commerçant partenaire, l'argent arrive sur le compte.
Les trois autres, non. Revolut, N26 et Wise n'offrent aucune voie physique pour transformer des billets en solde sur un compte belge, et chacune le formule à sa façon.
Pourquoi les néobanques ne veulent-elles pas de vos billets ?
Un dépôt d'espèces est l'opération qui transforme des billets en écriture sur un compte. Elle paraît banale. Elle suppose pourtant un coffre, un transporteur de fonds, une assurance, un comptage contradictoire et un contrôle de l'origine des fonds, c'est-à-dire précisément l'infrastructure lourde que le modèle sans agence a été conçu pour ne pas financer.
bunq l'écrit en tête de sa propre page d'aide : en tant que banque numérique, elle n'a ni agence ni distributeur. La réponse n'est donc pas de bâtir un réseau, mais d'en louer un. PaysafeCash et Barzahlen font le travail de guichet à sa place, dans des commerces qui disposent déjà d'une caisse et d'une collecte de liquide organisée.
L'objection sérieuse tient en une phrase : si le procédé était si simple, les autres l'auraient copié. Elles ont essayé. Revolut a ouvert le service ailleurs en Europe, puis l'a refermé, et le contraste entre ses deux pages d'aide vaut démonstration. Sur la version belge, la banque écrit qu'on ne peut pas encore déposer d'espèces et promet de prévenir dès que ce sera possible, sans date. Sur la version britannique, elle annonce que les dépôts d'espèces ont été supprimés à partir du 13 février 2026. Deux formulations opposées, un seul résultat au comptoir.
Combien coûte un dépôt d'espèces sur une néobanque ?
Entre 0 et 47,50 € pour 2 000 € de billets, selon l'endroit où vous les présentez. Les barèmes ci-dessous ont été relevés le 20 septembre 2026 sur les pages officielles de chaque établissement.
| Établissement | Dépôt d'espèces en Belgique | Réseau utilisé | Barème | Plafonds annoncés |
|---|---|---|---|---|
| bunq, formules Core, Pro et Elite | Oui | PaysafeCash, en caisse chez un commerçant | 100 € gratuits par mois de facturation, puis 2,5 % | Fixés par PaysafeCash et le point de vente |
| Revolut | Non | Aucun | Sans objet | Sans objet |
| N26 | Non en Belgique | CASH26, réservé aux comptes ouverts en Espagne, en Allemagne et en Autriche | 1,5 % du montant déposé | 50 € minimum, 999 € par jour, 8 000 € par mois |
| Wise | Non | Aucun | Sans objet | Sans objet |
| Belfius, BNP Paribas Fortis, Fintro, ING, KBC et KBC Brussels | Oui | Points CASH de Batopin | Rien côté CASH, la banque peut facturer | 150 billets par opération, plafond fixé par la banque |
Ramenés à trois montants courants, ces pourcentages cessent d'être abstraits.
| Montant déposé en billets | bunq via PaysafeCash | N26 via CASH26, là où il existe | Carte d'une des cinq banques, point CASH |
|---|---|---|---|
| 200 € | 2,50 € | 3,00 € | 0 € |
| 500 € | 10,00 € | 7,50 € | 0 € |
| 2 000 € | 47,50 € | 30,00 €, étalés sur deux jours | 0 € |
Calcul établi le 20 septembre 2026 à partir des barèmes publiés : la commission bunq porte sur la part qui dépasse les 100 € gratuits du mois de facturation, celle de N26 sur le montant total, et le plafond journalier de CASH26 impose deux passages pour 2 000 €.
Quarante-sept euros et cinquante centimes pour ranger son propre argent. J'ai refait le calcul trois fois avant d'y croire, puis j'ai compris la logique : une commission proportionnelle punit exactement le profil qui a le plus besoin du service, celui qui encaisse des sommes régulières en billets. Pour un appoint de 50 € glissé par un parent, le coût est nul et la question ne se pose pas.

Les points CASH acceptent votre carte, pas vos billets
Retirer, oui. Déposer, non.
Le réseau CASH, porté par Batopin, est une initiative commune de Belfius, BNP Paribas Fortis, ING et KBC. N'importe quelle carte y retire des euros, y compris une carte de néobanque agréée à l'étranger. Le dépôt, lui, reste réservé aux clients de Belfius, BNP Paribas Fortis, Fintro, ING et KBC ou KBC Brussels, et la page officielle du réseau le répète trois fois.
Deux règles complètent le mur, et elles surprennent jusqu'aux clients de ces cinq banques. Le dépôt va toujours sur le compte lié à la carte insérée, donc impossible de créditer le compte d'un tiers, et impossible de passer par la carte d'un proche pour alimenter votre néobanque. L'appareil n'avale par ailleurs que des billets en euros, cent cinquante au maximum par opération, et jamais une pièce.
Les pièces s'échangent gratuitement à la Banque nationale de Belgique, par la poste ou au guichet bruxellois. C'est également là que finissent les billets déchirés que la machine refuse.
Un dimanche de mai, après une brocante à Waterloo, je me suis retrouvé avec 340 € en petites coupures et une seule application bancaire sur mon téléphone. Le point CASH de la chaussée affichait bien le symbole de dépôt. Ma carte y est entrée, le menu ne m'a proposé qu'un retrait, et les billets ont dormi dans un tiroir jusqu'au lundi.
Faut-il garder un compte belge pour déposer ses billets ?
Oui, dès que vous recevez du liquide plus de deux ou trois fois par an. La réponse est moins élégante que l'idée d'une vie bancaire entièrement dans le téléphone, mais elle est la seule qui tienne au tarif.
Le montage réaliste tient en deux lignes. Un compte à vue belge, choisi pour sa gratuité et non pour son application, sert de sas : vous y déposez les billets au point CASH, puis vous virez la somme vers la néobanque, en instantané, sans frais dans les deux sens. Ce compte belge vous sert déjà, de toute façon, pour le crédit hypothécaire et la garantie locative, deux dossiers qu'aucune néobanque active ici ne traite.
Je fonctionne ainsi depuis deux ans et je n'ai jamais réussi à m'en passer. Mon compte belge affiche la plupart du temps un solde de trois chiffres, il ne sert qu'à deux choses, et je le garde ouvert pour exactement ces deux choses.
Trois mille euros, le plafond que la loi belge impose au liquide
La limite ne porte pas sur le dépôt, contrairement à ce qu'on lit souvent. La loi du 18 septembre 2017 plafonne les paiements et les dons en espèces à 3 000 € par transaction, ou par ensemble d'opérations qui semblent liées entre elles : mêmes parties, même objet, dates rapprochées. Vendre une voiture 6 000 € en deux versements de 3 000 € ne contourne rien. Le détail est publié par le SPF Économie, qui tient aussi une ligne d'information sur ce point.
Le vrai filtre est ailleurs, et il s'applique au dépôt. Tout établissement doit connaître l'origine des fonds qu'il reçoit, néobanque comprise, et un versement qui sort de vos habitudes déclenchera une demande de justificatif. Sans réponse rapide, l'accès au compte peut être suspendu le temps du contrôle, comme je l'ai détaillé dans notre article sur le compte de néobanque bloqué.
Six vérifications avant de compter sur le liquide
- Votre formule donne-t-elle droit au dépôt ? Chez bunq, le service suit les plans Core, Pro et Elite, pas une offre d'essai.
- Le commerçant partenaire accepte-t-il le montant que vous comptez déposer ? Une caisse de librairie n'encaisse pas 1 500 € en billets aussi facilement qu'un supermarché.
- Le point CASH visé fait-il du dépôt ? Le symbole apparaît barré à l'écran quand la fonction est indisponible, et tous les points n'en disposent pas.
- Votre carte est-elle liée au bon compte ? Les billets créditent le compte de la carte insérée, jamais un autre.
- Avez-vous trié vos billets ? Ni élastique, ni trombone, ni coupure déchirée : selon Batopin, deux pannes sur trois viennent d'une erreur de manipulation.
- Pouvez-vous justifier l'origine des fonds si la question tombe le lendemain ? Une facture, un contrat, un bordereau de vente suffisent en général.
La néobanque est-elle disqualifiée si vous manipulez des espèces ?
Pas disqualifiée. Incomplète.
Le reproche mérite d'être pesé honnêtement, parce qu'il vise une catégorie entière pour une fonction que la plupart des gens n'utilisent jamais. Febelfin observe depuis des années le recul du paiement en billets au profit de la carte et du mobile, et un salarié payé par virement qui règle tout en Bancontact peut passer une année entière sans avoir un seul billet à déposer. Pour lui, l'absence de guichet est une abstraction.
Le calcul change pour un coiffeur, un moniteur d'auto-école, un vendeur de marché, un propriétaire dont le locataire paie encore en liquide. Là, le dépôt n'est pas un confort mais une opération hebdomadaire, et 2,5 % de commission sur chaque tournée finit par peser plus lourd que tous les frais de change économisés à l'étranger.
La nuance vaut aussi dans l'autre sens, et elle est rarement dite : les néobanques ne sont pas seules concernées. Le réseau d'agences belges se contracte, les guichets physiques ferment, et les cinq banques du réseau CASH ont elles aussi transféré le dépôt de l'agence vers l'automate. Le mur n'oppose pas le neuf à l'ancien. Il sépare ceux qui ont mutualisé un réseau de coffres de ceux qui n'en ont jamais eu, et il rejoint la même mécanique que l'absence de Bancontact : un service domestique, construit entre acteurs locaux, auquel un établissement agréé ailleurs n'a pas accès.

✓ Pour
- bunq accepte les billets en Belgique via PaysafeCash, avec 100 € gratuits par mois de facturation
- Le retrait aux points CASH reste ouvert à toutes les cartes, y compris celles agréées à l'étranger
- Un compte belge gratuit conservé en sas règle le problème pour quelques euros par an
- Le virement instantané rend le passage du compte belge vers la néobanque immédiat
✗ Contre
- Revolut, N26 et Wise n'offrent aucune solution de dépôt d'espèces en Belgique
- La commission de 2,5 % au-delà de 100 € pénalise exactement ceux qui encaissent régulièrement du liquide
- Le dépôt aux points CASH est fermé aux clients des néobanques, et va toujours sur le compte de la carte insérée
- Les pièces ne sont acceptées nulle part, ni à l'automate ni chez un commerçant partenaire
En résumé
Déposer de l'argent liquide reste la fonction bancaire la plus mal servie par les néobanques en Belgique, et la seule qu'aucune d'entre elles ne peut régler seule. bunq y parvient en louant le réseau PaysafeCash, au prix de 2,5 % au-delà de 100 € par mois de facturation. Revolut renvoie à une disponibilité future sans date, N26 réserve CASH26 à trois pays qui ne sont pas le nôtre, Wise n'a jamais accepté un billet. Les points CASH de Batopin, eux, gardent le dépôt pour les clients de cinq banques belges. Si vous voyez du liquide passer plus de deux fois par an, gardez un compte belge gratuit en sas et traitez la néobanque pour ce qu'elle fait bien. Notre comparateur met les offres côte à côte, notre quiz tranche en deux minutes, et notre article sur le changement de banque détaille ce qui se déplace vraiment quand on bascule. Cet article compare des frais et des conditions ; il ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil en placement.
Sources : page d'aide bunq sur les dépôts d'espèces via PaysafeCash et Barzahlen ; page d'aide Revolut Belgique sur les dépôts d'espèces et page d'aide Revolut Royaume-Uni (suppression au 13 février 2026) ; support N26, conditions et plafonds de CASH26 ; documentation Wise sur les modes d'alimentation du compte ; cash.be et Batopin, règles de dépôt aux points CASH ; Banque nationale de Belgique, échange de billets et de pièces ; SPF Économie, limitations légales des paiements en espèces et loi du 18 septembre 2017 ; Febelfin, usage des moyens de paiement en Belgique. Toutes les pages ont été consultées le 20 septembre 2026.
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Questions fréquentes
Maxime suit le secteur des néobanques et de la fintech belge depuis près de dix ans. Ancien conseiller en agence devenu analyste indépendant, il ouvre et teste lui-même les comptes qu’il compare, décortique les grilles tarifaires ligne par ligne et traque les frais cachés derrière les offres « gratuites ». Son objectif : aider les Belges à payer moins et choisir une banque qui colle vraiment à leur usage, sans jargon ni argument commercial.
