Deux néobanques populaires, deux philosophies opposées. Revolut joue la polyvalence et l'IBAN belge ; bunq mise sur l'organisation de l'argent en sous-comptes. Pour choisir en Belgique, le bon réflexe n'est pas de désigner « la meilleure » dans l'absolu, mais celle dont les compromis collent à votre usage. Voici comment je les départage.
bunq ou Revolut : laquelle est faite pour vous ?
Pour un résident belge, Revolut est aujourd'hui la plus simple à vivre au quotidien, surtout depuis qu'elle attribue un IBAN belge. bunq garde une longueur d'avance dès qu'on veut compartimenter son argent en sous-comptes et qu'on accepte une offre payante. Les deux sont des banques agréées, avec dépôts garantis jusqu'à 100 000 €.
La nuance compte, parce que ces deux comptes ne visent pas le même usage. Revolut ratisse large : change au taux réel, carte gratuite, voyage, et maintenant un IBAN belge qui règle la plupart des frictions de domiciliation. bunq assume un positionnement plus niche, autour de la « banque de la liberté » : sous-comptes avec IBAN dédié, catégorisation des dépenses, orientation durable. J'ai ouvert et utilisé les deux comptes moi-même ces derniers mois ; la différence se sent moins dans les frais que dans la façon dont chacune vous fait gérer votre argent.
Quelles différences entre bunq et Revolut ?
L'écart tient en quatre points : le type d'IBAN, le prix d'entrée, les frais de change et la logique de compte (tout-en-un chez Revolut, sous-comptes chez bunq). Le reste — carte de débit, application mobile, paiement sans contact — se ressemble beaucoup.
Voici les conditions de base, à jour de l'été 2026. Les grilles tarifaires des néobanques évoluent souvent : vérifiez toujours l'offre en vigueur au moment d'ouvrir.
| Critère (formule d'entrée) | Revolut Standard | bunq |
|---|---|---|
| IBAN | Belge (BE) depuis mai 2025 | Néerlandais (NL), multi-IBAN selon plan |
| Prix d'entrée | Gratuit | Payant (~3 €/mois selon le plan) |
| Change sur paiements | Taux réel jusqu'à ~1 000 €/mois, puis commission | Taux réel, conditions selon plan |
| Sous-comptes dédiés | Coffres (selon plan) | Sous-comptes avec IBAN dédié (cœur du produit) |
| Garantie des dépôts | Oui, 100 000 € (fonds lituanien) | Oui, 100 000 € (fonds néerlandais) |
| Bancontact | Non | Non |
Concrètement, pour un usage au quotidien : si vous cherchez un compte gratuit qui remplace presque une banque belge, Revolut est plus évidente. Si vous voulez piloter un budget serré en séparant loyer, courses et vacances sur des sous-comptes distincts, bunq est mieux outillée — mais vous payez pour ça.

bunq ou Revolut : laquelle a le meilleur IBAN en Belgique ?
Sur ce point précis, Revolut a pris l'avantage. Depuis mai 2025, elle attribue un IBAN belge (préfixe BE) aux nouveaux comptes ouverts en Belgique. bunq reste sur un IBAN néerlandais (NL), éventuellement complété d'autres IBAN européens selon le plan.
Pourquoi ça change quelque chose ? Parce qu'un IBAN étranger se heurte encore, ici, à des refus de domiciliation. J'ai vu des prélèvements refusés par un fournisseur d'énergie et une mutuelle parce que l'IBAN commençait par DE ou NL — techniquement interdit par le règlement SEPA, mais toujours pratiqué. Un IBAN belge fait disparaître ce genre de friction pour le salaire, les prélèvements et les virements domestiques. Avec un IBAN néerlandais bunq, prévoyez de vérifier au cas par cas que vos créanciers l'acceptent.
Vos dépôts sont-ils garantis avec bunq et Revolut ?
Oui, dans les deux cas, et c'est un vrai point commun rassurant. bunq et Revolut disposent d'une licence bancaire européenne : vos dépôts sont garantis jusqu'à 100 000 € par déposant, par le fonds de garantie de leur pays d'origine.
Pour bunq, c'est le fonds néerlandais (bunq étant supervisée par la banque centrale des Pays-Bas). Pour Revolut, c'est le fonds lituanien, via son entité bancaire Revolut Bank UAB. La condition à connaître : la garantie ne s'applique que si votre argent relève bien de l'entité bancaire, pas d'un simple service de paiement. C'est le cas pour un compte courant classique chez les deux. En cas de doute sur le statut d'un acteur, son agrément se vérifie auprès de la FSMA et de la Banque nationale de Belgique.
Combien coûtent vraiment bunq et Revolut ?
La vraie différence de prix se joue à l'entrée : Revolut garde une formule Standard gratuite (IBAN, carte de débit, change au taux réel dans une limite mensuelle), là où bunq n'a plus d'offre gratuite permanente et démarre à un abonnement payant, de l'ordre de 3 € par mois selon le plan.
Le vrai coût annuel, c'est donc zéro d'un côté, une trentaine d'euros de l'autre pour l'entrée de gamme bunq — avant même de parler des plans premium, qui montent des deux côtés jusqu'à une quinzaine d'euros par mois. À surveiller dans les petites lignes : les plafonds gratuits (retraits, change) de la formule Revolut Standard, qui se remplissent vite si vous voyagez, et le niveau de plan bunq nécessaire pour débloquer les sous-comptes multi-IBAN. Payer pour bunq peut se justifier si vous utilisez réellement ses outils d'organisation ; sinon, la gratuité de Revolut est difficile à battre.

Peut-on payer partout en Belgique avec bunq ou Revolut ?
Non, et c'est la limite commune à connaître avant d'ouvrir : ni bunq ni Revolut ne gèrent Bancontact, le réseau utilisé pour environ 85 % des paiements par carte en magasin en Belgique. Leurs cartes passent par Mastercard ou Visa.
En pratique, la plupart des commerces acceptent Mastercard et Visa, donc vous payez sans souci dans les grandes surfaces, les restaurants ou en ligne à l'international. Mais certains terminaux belges, des bornes de parking, des distributeurs de tickets ou quelques sites e-commerce locaux n'acceptent que Bancontact. C'est pour ça qu'aucune des deux ne remplace totalement une banque belge : je garde une carte belge en complément, précisément pour ces cas. Partir avec une seule néobanque, quelle qu'elle soit, reste le vrai risque.
bunq ou Revolut pour quel profil ?
Partez de votre façon d'utiliser un compte plutôt que d'un verdict unique :
✓ Pour
- Usage quotidien et domiciliation en Belgique : Revolut, grâce à l'IBAN belge
- Budget serré à compartimenter (loyer, courses, vacances) : bunq et ses sous-comptes
- Compte gratuit qui couvre l'essentiel : Revolut Standard
- Voyages fréquents et change : Revolut, au taux réel jusqu'à un plafond mensuel
✗ Contre
- Paiements uniquement Bancontact (parkings, certains sites belges) : ni bunq ni Revolut, gardez une carte belge
- Refus de domiciliation sur IBAN étranger : évitez bunq pour le compte principal, ou vérifiez chaque créancier
- Aversion aux abonnements : bunq est payante dès l'entrée
- Grosses sommes dormantes : privilégiez un compte belge à garantie des dépôts pour le socle
Pour un étudiant ou un premier compte à frais réduits, Revolut Standard suffit largement. Pour un indépendant ou un ménage qui veut cloisonner ses provisions (TVA, impôts, épargne projet), les sous-comptes de bunq justifient l'abonnement. Notre quiz propose une recommandation en deux minutes selon votre profil, et le comparateur met les deux offres côte à côte.
En résumé
Entre bunq et Revolut, il n'y a pas de gagnante universelle, mais deux logiques. Revolut est la plus polyvalente et la plus simple à vivre en Belgique depuis son IBAN belge de mai 2025, avec une formule gratuite solide. bunq vise ceux qui veulent organiser leur argent en sous-comptes et acceptent de payer pour ça. Les deux sont des banques agréées à dépôts garantis, aucune ne gère Bancontact, et aucune ne remplace à elle seule une carte belge. Pour aller plus loin, comparez toutes les offres poste par poste dans notre comparateur, ou lisez notre guide de la meilleure néobanque pour épargner si l'épargne est votre priorité.
Sources : Banque nationale de Belgique (garantie des dépôts, Point de contact central), FSMA (registre des établissements agréés), règlement SEPA (UE) n° 260/2012, conditions tarifaires bunq et Revolut consultées en juillet 2026.
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Questions fréquentes
Maxime suit le secteur des néobanques et de la fintech belge depuis près de dix ans. Ancien conseiller en agence devenu analyste indépendant, il ouvre et teste lui-même les comptes qu’il compare, décortique les grilles tarifaires ligne par ligne et traque les frais cachés derrière les offres « gratuites ». Son objectif : aider les Belges à payer moins et choisir une banque qui colle vraiment à leur usage, sans jargon ni argument commercial.
